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LE PRIX DU MADE IN FRANCE

Pourquoi nous ne pouvons pas baisser nos prix ?

Vous êtes nombreux à nous poser cette question.

 A nous de l’expliquer, avec transparence et sincérité comme d’habitude !

Prenons par exemple notre sweat en coton bio GOTS parfait Alexane.

Le sweat Alexane est fabriqué à partir de :

– coton bio GOTS tissé et imprimé numériquement en Allemagne pour les motifs.

– coton bio GOTS tissé et teinté à Bursa en Turquie pour l’uni.

Nous achetons les matières directement auprès de nos deux fabricants, choisis pour leur engagement environnemental et social.

La loi nous impose une étiquette de composition et d’entretien. Mais il vous faut aussi une étiquette de taille. Elles sont fabriquées à partir de Nylon recyclé en Allemagne.

Nous avons aussi choisi de faire des étiquettes avec notre logo, tissées à côté de Saint Etienne.

La matière première représente 24 euros (sans les frais de port du fournisseur.)

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LA STRUCTURE DES COÛTS

Nous fabriquons nos sweats Alexane sur place dans notre atelier de Barberaz (à côté de Chambéry 73).

Et c’est là que tout devient compliqué et onéreux.

Créer de l’emploi sur le territoire est une réelle volonté, mais c’est très cher.

Nous avons 3 couturières à l’atelier : Célia, Sophie et Fantine.

Nous avons calculé le coût de main d’œuvre sur la base d’un SMIC horaire.

Il faut une heure pour fabriquer le sweat Alexane car il y a de nombreuse découpe, et environ 30 minutes de coupe pour un sweat (ramener à 10 minutes lorsque nous faisons des matelas de 50 sweats, ce qui est rare puisque nous confectionnons à demande).

Notre sweat nous coûte donc en confection 26 euros.

Nous sommes déjà à 50 euros de coût de revient de base. C’est-à-dire matières premières et main d’œuvre.

Alors où va la différence ?

Pour vivre une entreprise à des frais fixes obligatoires.

Nous avons :

– le loyer de l’atelier, l’assurance, l’entretien, les charges de copropriétés,

– les machines à entretenir, le fil, les accessoires,

– le salaire de Julie,

– l’eau, l’électricité, internet,

– les frais bancaires, les frais de paiement Stripe ou PayPal, les frais de site internet, 

– les charges sociales, l’Urssaf, les impôts, le comptable,

– oui nous  l’avouons nous avons aussi un budget café !

– et j’ai peur d’en avoir encore oublié !

Toutes ces factures nous permettent de faire vivre l’entreprise. Mises bout à bout, l’ensemble de ces factures représente environ 50 euros par produit. Oui vous avez bien lu. 50 euros de charges. C’est autant que le coût de revient. Pourtant nous avons choisi du mobilier de récup, de l’informatique de récup, un loyer plus bas que le marché grâce à une propriétaire qui crois en notre projet.

Chaque centime est nécessaire mais surtout réfléchi.

Fabriquer ici est un choix assumé dont nous toutes sommes très très fières, mais il est vrai qui coûte très cher. Mais nous ne lâchons rien !

Donc sur les 119 euros du sweat, 50 pour le coût de revient, 50 pour les frais de structure.

Il reste donc 19 euros. C’est notre bénéfice.

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ET LE BENEFICE IL VA Où ?

Il est entièrement dédié au développement de l’atelier en terme de matériel, mais surtout surtout d’emploi. Et 1% de notre CA total est reversé à 1% for the planet. 

Nous souhaitons rester sur ce modèle économique qui a été un choix dès le départ.

Vendre en direct au client final, vous. Pour pouvoir être en contact direct avec vous. Recueillir vos besoins, vos envies. Vous montrer ce que l’on sait faire.

Pas d’intermédiaire ou peu (marketplace, boutique partenaire).

Nous essayons de faire quelques salons et festivals de sport pour nous faire connaitre, vous parler de nous. Que je puisse aussi vous raconter notre démarche, nos valeurs. Que je puisse vous parler des filles, les pépites de l’atelier sans qui cette aventure aurait pris fin. 

Equipe que j’espère faire grandir encore et encore. 

Créer de l’emploi devrait être le combat de tous. Revaloriser le savoir-faire.

Mais aussi offrir de l’emploi à ceux qui en ont besoin. C’est ainsi que dès 2022 nous devrions (tant que rien n’est officiel nous restons prudentes !) être entreprise d’insertion, et ainsi pouvoir accueillir dans notre équipe des personnes éloignées du salariat.

Nous avons besoin aussi d’investir dans une nouvelle table de coupe pour faire baisser un peu notre temps de coupe et donc notre coût de production.

Vous devez vous dire, génial si elle baisse son coût de production elle va baisser le prix ?

Non. En baissant mon coût de production j’espère pouvoir prendre un premier salaire équivalent à un RSA sur 2022. 

En baissant les coûts j’espère pouvoir augmenter un petit peu mes équipes qui me soutiennent, qui m’accompagnent et qui ont acceptées un SMIC bien trop bas par rapport à leurs compétences. Mais elles l’ont fait car elles aussi elles croient en notre aventure. 

Baisser un peu les coûts servira à nous faire avancer.

Parce que pour l’instant j’ai fait le choix d’investir dans mon entreprise et de ne pas me payer.

Parce que j’ai fait le choix d’embaucher.

Parce que j’ai fait le choix de belles matières.

Parce que je choisi de limiter au maximum mon impact sur notre planète.

Parce que je crois en ce projet qui me tiens à cœur.

Donc non, nous ne pourrons pas baisser les prix.

Il faudrait que je fasse beaucoup de quantité, de masse, que j’inonde le marché pour pouvoir enfin m’y retrouver. Mais cela va à l’encontre de mes valeurs.

J’espère pouvoir travailler avec quelques boutiques pour pouvoir faire un peu plus travailler l’atelier, et recréer de l’emploi, mais elles seront très ciblées.

Pour résumer, 80% de la valeur du sweat permet de créer de la valeur sur le territoire, de l’emploi.

Les 20% restant, la matière première reste en Europe. Nous n’avons pas trouvé de fabricant Français pour le moment.

C’est un combat du quotidien pour survivre à la crise sanitaire qui devient pour les entreprises une crise économique. Mais aussi pour conserver notre atelier de fabrication. 

C’est certain qu’aller faire fabriquer au Portugal par exemple où le smic est deux fois moins cher, nous permettrais de baisser nos prix et peut être de nous payer un peu mieux. 

Mais ce n’est pas ce que nous souhaitons. Nous voulons garder notre savoir-faire, et continuer d’être un acteur petit mais efficace dans la mode éthique et durable.

Et ce, grâce à vous tous.

Merci à vous, à toi… Merci à elles.

 

Fabienne

Cet article a 4 commentaires

  1. Bertrand

    Très très bien cet article. Bravo !
    Et qu’en est-il de la TVA ?
    Le client oublie souvent qu’il y a 20% du prix qui est collecté pour l’État.

    1. Et bien très bonne question ! Pour l’instant nous ne sommes pas soumis à TVA, mais en effet, dès que ca sera le cas, nous ne changerons pas nos prix, mais notre marge baissera encore. Nous espérons qu’entre la TVA que l’on récupère et la TVA que l’on payera, une balance se fera.

  2. Christophe Ruffinatti

    continuez dans cette optique , bravo
    après au lieu d acheter 10 maillots a 40 euros je préfère acheter 3 maillot chez vous et les laver a la main des que je rentre de ma sortie
    vive le commerce local

    1. Merci beaucoup Christophe de ce gentil retour. Et c’est exactement ca ! Il faut voir le coût à l’usage également. Et au final le coût est moindre quand on pense au nombre de fois qu’on le porte. Et aussi savoir où part le prix du vêtement. Merci pour votre soutien !! Et vive le commerce local !

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